Le déni, l’arme absolue de l’entrepreneur
- hello28766
- 21 mai 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 mai 2025

Mardi, j’ai assisté à une conférence organisée par le Cercle de Wallonie et BforB. Le thème : patrons sous pression, les risques invisibles du pouvoir. Deuils, maladies, faillites… Tous ces moments charnières qui bouleversent l’équilibre fragile de l’entrepreneuriat.
Ce qui m’a le plus touchée, ce n’est pas tant la dureté de ces épreuves – je les connais, j'en ai traversée quelques unes – mais ce que nous mettons en place, souvent inconsciemment, pour continuer à avancer : le déni.
Et pourtant, le déni, ça fait des dégâts.
On se pense intelligent, éveillé, créatif. On a lu les bons livres, fait les bonnes formations. On connaît nos mécanismes. Et malgré tout, le déni arrive à prendre le dessus.
Pourquoi ? Parce que c’est un outil de survie. Notre meilleur allié, parfois. Se lever chaque matin en regardant en face le mur qui se rapproche, c’est insoutenable. Alors on se raconte que tout va bien. Pas seulement pour soi, mais aussi pour les autres. Pour l’équipe. Pour la famille. Pour l’ego.
Parce qu’on est entrepreneur. Et que dans notre société, l’échec n’est pas une étape d’apprentissage : c’est une faiblesse. L’erreur n’est pas humaine : elle est honteuse. Alors on tient. Coûte que coûte.
Mais où peut-on dire que ça ne va pas ?Qui accueille cela sans jugement, sans vouloir réparer, sans projeter ses solutions toutes faites ?
Il faut un espace. Un vrai. Une relation suffisamment sécurisante. Empreinte de confiance. Avec un coach, un thérapeute, un ami, peu importe. Un lieu où l’on peut commencer par chuchoter :« Je crois que… peut-être… ça ne va pas. »
Pas besoin de dérouler tout le récit. Juste entrouvrir la fenêtre. En oscillobattant, s’il le faut. Savoir qu’on peut la refermer si c’est trop. Parce qu’ouvrir ce couvercle, c’est prendre le risque de tout voir. Et c’est vertigineux.
Mais il y a une partie de nous qui ne peut jamais être dans le déni : c’est le corps.
Le corps ne ment pas. Il nous parle quand on refuse d’écouter. Il nous arrête quand on persiste à fuir.
Je pense à ce moment où, en plein burn-out, porter une petite cuillère me semblait insurmontable. Le corps qui dit : stop. Le vivant qui impose sa vérité.
À ce stade, il n’y a plus de fuite possible. La seule voie, c’est la rencontre avec soi.
Mais faut-il vraiment attendre que le corps crie si fort ? Ne pourrait-on pas imaginer un système, une hygiène émotionnelle, un espace régulier où le déni a sa place – comme un sas, une soupape – mais où l’on peut aussi ouvrir les yeux, en douceur, sans attendre que tout casse ?
Parce que quand le corps s’exprime, c’est déjà trop tard.
Et pour toi, y a-t-il un espace, une personne, un rituel qui t’aide à sortir doucement du déni quand c’est trop ?



