Où se cache la vraie reconnaissance ?
- hello28766
- 12 juin 2025
- 3 min de lecture

Il y a une forme de frénésie silencieuse, ou pas tant que ça, dans l’entrepreneuriat d’aujourd’hui : celle d’être vu·e, d’être “dans la lumière”, de rayonner.
C’est valorisé. C’est devenu une compétence professionnelle à part entière. Savoir se rendre visible, savoir se vendre, savoir “exister” dans l’œil des autres, surtout sur les planètes des réseaux sociaux.
J'avoue pour moi, c'est compliqué et il y a une question qui revient souvent dans mon ventre, quand je m’arrête un peu : où se cache la vraie reconnaissance ?
Dans cette quête de lumière, il y a une confusion que je ressens de plus en plus autour de moi, et parfois aussi en moi : celle entre être vu·e… et être reconnu·e.
Être vu·e, c’est apparaître dans le champ visuel collectif, c’est être liké, partagé, recommandé. C’est avoir des preuves sociales, des témoignages affichés, des vitrines bien fournies.
Mais être reconnu·e, c’est autre chose. C’est être perçu·e dans la justesse de ce qu’on est venu faire ici. C’est sentir que notre présence, notre travail, notre énergie… font une différence. Même en silence.
Et souvent, cette reconnaissance-là… ne fait pas de bruit, elle ne se voit pas sur les réseaux, mais elle vibre très fort.
Je ne suis pas contre la visibilité. Mais je suis inquiète de voir à quel point on se laisse parfois happer par cette course. On passe plus de temps à penser à comment montrer notre travail…qu’à le vivre pleinement.
On veut des témoignages, des retours, des étoiles, des preuves tangibles qu’on “fait bien”. Et c’est humain.
Mais à quel moment a-t-on commencé à croire que le visible était plus réel que l’invisible ? Que ce qui ne se voit pas n’existe pas ?
Je crois profondément que la qualité d’un geste se suffit à elle-même. Je n’ai pas besoin que mes client·es racontent ce qu’ils ont vécu. Je l’ai vu. Je l’ai senti. Et … le monde aussi l’a ressenti, à travers leurs actions, leurs changements, leurs propres rayonnements.
Si je regarde la nature, qui m’inspire tant, je vois une autre logique. Un brin d’herbe ne pousse pas pour être applaudi, il pousse parce que c’est sa nature. Il n’a pas besoin d’un projecteur pour croître, il s’aligne avec ce qu’il est. Il prend appui sur ce qui est là. Et il pousse, même dans la difficulté, même dans l’ombre.
Moi, je crois à cette croissance-là ; Organique - Incarnée - Discrète, mais pleine de vitalité et de vérité.
Il y a pourtant quelque chose de très humain derrière cette course à la lumière. Nous avons tou·tes en nous cette part qui cherche à être vue. Celle qui se demande, parfois inconsciemment : “Est-ce que j’existe, si personne ne me regarde ?”
Comme les étoiles. Elles brillent depuis toujours, mais elles ne nous apparaissent que quand on lève les yeux vers elles, et alors, elles prennent leur place dans le ciel de notre conscience.
Alors oui, nous sommes nombreux à porter une blessure de reconnaissance. Un endroit en nous qui a cru, un jour, qu’il fallait prouver pour exister.
Mais cette blessure, si on l’écoute avec tendresse, nous ramène à quelque chose de plus précieux encore : Le pouvoir de se reconnaître soi-même, la capacité d’exister sans faire du regard des autres notre seul miroir.
Alors je choisis de revenir au fait, à l’acte posé, à la rencontre, à la présence, au travail que je fais, avec amour, avec exigence, avec engagement.
Et je me rappelle que la vraie reconnaissance est là.
Dans ce qui est fait, et non dans ce qui est dit à propos de ce qui a été fait.
Et toi ? Est-ce que tu sens parfois cette tension entre montrer et faire ? Est-ce que tu as déjà eu l’impression de te perdre un peu dans la lumière ? Ou de chercher dans le regard de l’autre une validation que seul ton cœur peut t’offrir ?



